Pavel SMETANA


6 au 14  juin - Grenier à Sel -  9h30/12h30 - 15h/19h

 

Né en République Tchèque, Pavel Smetana est un artiste qui utilise les technologies et ouvre à travers les domaines de l'interactivité des relations étroites avec les "spectateurs" en les immergeant dans ses dispositifs qui traitent plus particulièrement de son corps électrophysiologique et de ses états psychologiques. Il présentera deux de ses pièces : "La Chambre des Désirs" et "Le Portrait de Dorian Gray".

La Chambre des Désirs
Un homme, un spectateur entre dans un hall où se trouve une cabane en bois sans fenêtres. Il pénètre à l'intérieur par une ouverture sans porte et y découvre une pièce de taille modeste, 5m sur 6 par 3m de haut, avec des murs blancs et lisses. La chambre est entièrement vide sauf une chaise - fauteuil en bois robuste. Il y a très peu de lumière. L'homme s'assoit et exactement au moment où il pose ses mains sur les dossiers du fauteuil, le mur devant lui commence à s'éclaircir et des images apparaissent. Il reconnaît un paysage calme, des champs de blés en été avec le vent léger. A ce moment il commence à entendre des sons, ou plutôt une musique très rythmée, presque répétitive. L'homme se met à rêver, des images lui passent dans la tête. Mais au même moment d'autres images changent sur l'écran. La musique change aussi immédiatement. L'homme commence à reconnaître dans le flot des sons, le bruit du cœur, de son cœur. Il devient nerveux, mais le film change aussi et devient plus agressif comme la musique. En quelques minutes, il voit un visage, une jeune femme, une vieille, un soldat, la guerre, un chien, l'hôpital, l'opération à cœur ouvert, une cheminée, une montagne, la neige... L'homme se calme et la même image, la même musique dure plusieurs dizaines de secondes. Il neige sur un paysage. L'homme tout d'un coup découvre que la chambre, comme un miroir magique, reflète entièrement sa pensée - dans les images et dans la musique.

Le miroir - Cyber portrait de Dorian Gray
Un seul spectateur peut rentrer dans une pièce assez grande mais sombre, où la lumière provenant d'une lampe fixée au plafond trace un cercle au sol. En se plaçant dans ce cercle il va apercevoir clairement son image dans un grand miroir fixé à hauteur des yeux en face de lui. L'image du spectateur projetée sur la surface du miroir est seulement un reflet de son apparence. C'est sa pensée de départ. Puis, après quelques secondes, son image commence à se transformer, son visage et son corps sont peu à peu modifiés. Le regardeur se voit vieillir ou au contraire rajeunir. La peau de ses joues et de son front se sont mises à bouger lentement. Il tente de comprendre. Il est déstabilisé. Puis il s'aperçoit que tous les changements proviennent de lui-même et des signes qu'il transmet au miroir. S'agit-il du clone du spectateur ? "L'autre", celui du miroir, devient de plus en plus indépendant de son original. Il réagit en fait autant à la voix qu'aux mouvements de l'individu. Le spectateur fait maintenant un mouvement brusque avec sa main, "L'autre" ne répond plus, mais il bouge lentement la tête. Le spectateur parle, "L'autre" répond. Le Miroir est un dispositif piloté en temps réel par deux ordinateurs reliés à une caméra vidéo, le tout dissimulé derrière un miroir sans teint (ou un système pseudo holographique). L'image vidéo (en 2D ) du spectateur provenant de la caméra cachée derrière le miroir est numérisée, puis modifiée, manipulée et plaquée sur un "clone 3D" (un modèle humain en 3 dimensions) automatiquement généré par l'ordinateur Silicon Graphics (SGI). L'ordinateur - Silicon Graphics suit et reproduit fidèlement tous les mouvements du spectateur en temps réel sur le clone par un programme appelé “mouvement tracking”. Le deuxième ordinateur (Macintosh PPC) reçoit également l'image vidéo du spectateur, mais il procède à l'analyse - l'interprétation des mouvements (gestes, accélérations) et de la sonorité de la voix (timbre, volume et rythme). Les instructions de modification de l'image sont instantanément envoyées par un signal MIDI à la SGI qui transforme le clone. Le son et la “voix” du clone sont produit à l'aide d'un Macintosh qui traite le signal sonore en temps réel grâce au logiciel MAX (MSP-MIDI). Le double du spectateur ainsi obtenu peut être rétro projeté sur la face arrière du miroir “holographique”. Dans le cas d'une présentation tridimensionnelle avec des lunettes stéréoscopiques polarisantes ou un casque de Réalité Virtuelle, le clone peut être vu par plusieurs spectateurs à la fois, lesquels sont tous connectés sur le même dispositif.